Elle commence lorsque nous quittons le port de Saïdia, à quelques miles de la frontière entre le Maroc et l’Algérie.

Cap à l’Est, nous sommes résolus à poser pieds sur la terre d’Algérie dont on nous a dit tant de bien et ce malgré les quelques obstacles administratifs qui nous attendent et auxquels nous nous sommes préparés.

Pour entrer en Algérie il faut un visa et nous n’en avons pas, nous serons donc interdit de sortie de port hormis sous la garde d’un policier. Ces précisions nous les avons apprises quelques jours plutôt, de Didier, que nous avions rencontré à Melilla. Venant de l’Est avec son voilier Imagine, il a traversé l’Algérie allant d’un port à l’autre, sans visa. Il nous a raconté comment il y fût accueilli, comment il a pu se ravitailler, quelles formalités il a dû remplir etc.… La perspective d’une traversée de l’Algérie, ainsi dégagée par les conseils de notre voisin de ponton, nous pouvions envisager sereinement nos futures escales.

Décidés à ne pas s’éterniser dans l’enclave Espagnole, et poussés par la perspective réjouissante d’atteindre les Baléares avant la fin du mois de Novembre, autant que par notre curiosité de découvrir un nouveau pays, nous avions repris la mer, à la faveur d’une courte (mais clémente) fenêtre météo. Telle allait être notre stratégie pour les prochaines navigations : Profiter de chaque créneau météo que nous serons capable de saisir pour naviguer aussi loin que possible. D’autant plus que les éléments, d’humeur fâcheuse depuis déjà quelques jours, n’avaient pas décidés de se calmer durant la semaine à venir, limitant nos possibilités de progresser vers l’est.

Nous voilà donc à bord d’un Piana quasiment neuf, après les menus réparations de la semaine passée à Melilla: une coque fraîchement repeinte, une dérive nouvellement calée en position basse. D’ailleurs on sent la différence car le bateau file un bon 5 nœuds de moyenne sans peiner. Nous sommes ainsi assurés de pouvoir aller suffisamment loin pour trouver un abri avant ce soir.

 

Beni Saf : So far, so good ?

Nous atteignons Beni Saf et son port de pêche (le plus actif du bassin méditerranéen lira-t-on sur la documentation de Didier) peu avant la tombée du jour, évitant ainsi une arrivée de nuit que l’on sait dangereuse sur les côtes peu ou mal signalisées du nord de l’Afrique. Reçus par des gardes côtes accueillants, nous passons notre premier contrôle sans encombres.
Papiers ; passeports ; assurance ; fouille ; contre-fouille ; formulaires d’entrée ; depuis nos escales Marocaines on commence à connaître la cérémonie par cœur. On s’en sort honorablement en 2h30 de formalités.

Comme prévu, nous ne sommes pas autorisés à quitter le port, hormis pour nous rendre dans le commissariat de police d’à côté. On nous fait tout de même savoir qu’une sortie sera possible si besoin est de nous ravitailler, ce qui à priori ne devrait pas être nécessaire puisque nous avions en stock de quoi tenir 3-4 jours, soit largement assez pour notre escale. En l’absence de ponton prévu à la réception des bateaux de plaisance, la capitainerie nous laisse nous amarrer à couple avec un bateau de pêche,(lui-même amarré à couple avec un autre bateau, lui-même amarré à couple avec un autre …) Nous devons donc sauter d’un bateau à l’autre 3 fois pour rejoindre le quai. Mais qu’à-cela-ne-tienne, nous avons tenu notre objectif de la journée, trouvé refuge dans un port avant l’important coup de vent attendu pour le lendemain.

Il est 22h environ, l’heure d’un repos bien mérité!

Mais vous pensez bien que je ne prendrai pas la peine d’écrire un article spécial pour raconter une histoire qui se déroule avantageusement. Ça n’aurait pas d’intérêt (et se ne serai pas drôle). Voici donc le moment tant attendu où les emmerdes arrivèrent …

Commençons, comme c’est souvent le cas, par une bonne nuit bien pourrie ! On ne sait pas encore pourquoi mais le Piana passe du sympathique roulis d’un gentil landau de bébé, à un pilonnage de brute épaisse contre le bateau de pêche sur lequel nous somme amarré. Allez dormir dans un landau de deux tonnes placé trop prêt du mur, bercé avec la délicatesse d’un CRS !

Cette première nuit péniblement passée, nous constatons à la lumière du jour la raison de notre infortune. Plutôt que d’être abrité des vents nous somme exposés en première ligne. Au fond de la rade du port, en l’absence d’obstacle au vent, la houle est levée à son maximum pour venir chahuter le Piana. On eut difficilement fait pire.
Nous prévenons le personnel du port, nous demandons à déplacer le bateau en un lieu mieux protégé du vent. On nous dit d’abord que oui, puis finalement que non. Les autorités ayant jugé bon de nous placer à côté des vaisseaux de la Marine Nationale, pensant qu’il valait mieux que nous soyons à la vue des soldats qui veillent de jour, comme de nuit. Pour notre sécurité…

Par ailleurs, on nous fera savoir qu’il ne faut pas parler avec les pêcheurs, et ne communiquer qu’avec les autorités, de préférence la police. Un policier nous dira même en aparté : « Attention, vous êtes ici des étrangers. C’est très grave en Algérie! » (On ne manquera pas à l’avenir de s’enquérir de comment soigner cette maladie de « l’étrangite aiguë.)

Pendant ce temps-là, au milieu des gros bateaux de pêche impassibles dans la tempête, le mât du petit voilier jaune s’agitait tel un métronome détraqué. Pour ne rien arranger, les prévisions donnaient la météo mauvaise pour le reste de la semaine. Une semaine à attendre dans ce trou?

Nous qui espérions ne pas rester plus de deux jours…

Dans la cabine, toujours secoués par les à-coups, nous réfléchissons aux options qui s’offrent à nous. Rester? Partir? Aurait-t-on une fenêtre météo pour trouver un autre refuge ? Et si ça empire ? Interrompant notre discussion, une scène se déroulant sur le pont de la frégate voisine nous interpelle. Un matelot est en train de pointer le canon de l’auto-mitrailleuse de bord sur nous ! On déconne, on lève les bras comme pour dire « tirez pas, on se rend ! ». Le type était juste en train de faire une inspection du matériel. Puisqu’on vous dit qu’on est en sécurité…

N’en demeure pas moins que nous ferions bien de trouver de quoi protéger la coque du Piana avant qu’elle n’éclate (une de nos bouées de pare-battage avait déjà pris le large) et refaire nos amarres qui, pour deux d’entre elles, s’usaient à un point proche de la rupture. Ne trouvant aucun secours auprès de la capitainerie, c’est finalement grâce aux pêcheurs, ceux-là même à qui nous ne devions pas parler, que nous trouvons une aide salutaire. L’un deux n’hésita pas à se hisser à bord d’un chalutier en réparation pour nous récupérer deux pneus qui feront office au de pare-battage.
Piana ainsi parée contre les chocs, nous rentrons aux abris pour essuyer une seconde nuit de tempête dans la machine à laver.

On essaiera tant bien que mal de se faire à manger, mais notre fière cuisinière à cardans, qui pourtant serai capable de nous laisser mijoter la soupe au pistou par vent de force 10 sans broncher, se révèle incapable d’adoucir les secousses. Et nous observons d’un air dépité, l’eau clapotante qui ne veut pas tenir en place dans la casserole. Si y’a même plus moyen de se faire cuire des nouille, là c’est la crise ! On re-regarde la météo :

« -Attend, si on part demain aprèm’ qu’on navigue toute la nuit et qu’on arrive avant après-demain soir à Oran ça le fait non?

-Bon, ok. Demain on se casse. »

Le lendemain on informe la police de notre départ. Avant de partir, on aurait souhaité sortir en ville remplir notre bidon d’essence. Mais voilà que ce n’est plus possible. Avec cette accumulation d’interdits, on commence à sentir le désagrément d’être étrangers sans visa. Drôle de sentiment pour nous autres européens jouissant habituellement d’une liberté de passage totale.

Pour bien faire, on avance l’heure de notre départ, 2-3h environ, pour anticiper les contrôles de douane et de police. A 15h nous voilà enfin sur le départ. La houle en sortie du port est forte mais on s’éloigne sans encombre pour retrouver le large. Grâce à un vent soutenu de 15 nœuds moyens, et à l’unique voile de foc que nous déployons, Beni Saf disparaît dans le sillage en quelques heures pour n’être plus qu’un mauvais souvenir. On file sans effort un bon 6 nœuds de moyenne. À nous Oran ! Mais poussés par le vent nous avalons 70 milles d’une traite et parvenons jusqu’au port suivant d’Arzew.

Arrivée à 5h du matin, escorté par un bateau pilote, nous jetons l’amarre sur un quai libre et allons-nous coucher. Les formalités administratives attendront qu’il fasse jour. Pour l’heure, profitons enfin d’un repos bien mérité et surtout, d’une eau calme.

 

Arzew : mais qu’est-ce qu’il vous prend tous d’être aussi sympa ?

 

Autre port, autre ambiance. D’abord Arzew est un port de commerce : ici bateaux de pêche cèdent la place aux supertankers, aux porte-containers massifs et aux puissants remorqueurs. (Le seul autre bateau à voile du port est à sec, exposé comme un trophée derrière le post de douane.) C’est dans cet industrieux tumulte que nous émergeons. Subtil mélange de sons de moteurs, de vrombissements d’hélices, rumeurs d’aller et venues de camions ponctués d’alarmes de reculs en tout genre.

Les contrôles d’usages se déroulent dans une atmosphère bien plus détendue que la dernière fois. Le policier en charge de la paperasserie viendra même prendre des selfies (les premiers d’une longue-série) avec nous dans le cockpit. Très vite nous voilà amarré là où il reste une petite place, à couple avec une vielle pilotine en réparation. Et pour la première fois de notre voyage, notre voisin de ponton mesure 150m de long, 30 de haut et transporte des montagnes d’engrais chimique.

Pas le temps de se reposer car très vite c’est toute une petite communauté dont la curiosité s’éveille à notre venue. Nous voilà invités pour un premier repas. Notre hôte s’appelle Rahmouni et nous offre généreusement de partager une soupe à bord de la barge qu’il commande. L’occasion pour nous d’en apprendre plus sur le lieu où nous avons atterrit. La gestion du port d’Arzew est concédée par l’EPA (Entreprise Portuaire d’Arzew) qui assure le pilotage, le remorquage et l’amarrage des cargos qu’elle accueille, ainsi que toute la logistique terrestre qui mène la danse des containers sur la plateforme depuis les plateaux des semi-remorques aux ponts des porte-containers.

Tout de suite après c’est la délégation syndicale qui nous reçois dans l’atelier où tous le personnel est réunis pour fêter l’embauche d’une jeune recrue. Ils profitent de l’occasion pour nous souhaiter la bienvenue parmi eux. Nous faisons honneur à la collation offerte un peu gênés par tant d’égard. Saluant des travailleurs enjoués, nous recevons grand nombre de paroles bienveillantes et propositions d’aide en tout genre qu’il nous est difficile de refuser vu l’insistante générosité de nos bienfaiteurs.

Avant  la fin de la journée nous sommes ravitaillés, gratuitement, en fruits, en eau potable et en lait (on boit beaucoup de lait en Algérie!) Le dîner nous est également fourni et on nous promet de pouvoir utiliser les douches d’un remorqueur. Non content de pouvoir se laver à bord du Ras-El-Ma, c’est une visite complète de l’appareil qui nous est accordé. Nous découvrons ainsi la salle des machines, les quartiers de l’équipage et la passerelle. Apprenons dans le détail le fonctionnement de la formidable machine et les rôles du personnel navigant. Mécanicien, graisseur, matelot, capitaine; tous semble apprécier de partager les secrets de leurs métiers.

Maël aux commandes du remorqueur, notez que ce formidable engin ne se manœuvre pas avec une barre mais grâce à eux joysticks qui pilotent indépendamment les deux hélices qui pivotent à 360°

Nos guides agrémenterons la visite d’histoires et autres anecdotes surprenantes. On apprend ainsi que le voilier saisi par la douane a été sauvé du naufrage par nos bienfaiteurs et qu’il transportait 5 tonnes de drogue. Deux fois plus que le seul poids du Piana ! Aucun risque qu’on nous soupçonne de transporter un tel chargement.

Sur ces échanges sympathiques nous rentrons nous coucher, sereins. Nous sommes ici en bien meilleure compagnie qu’à Béni Saf pour patienter les prochains jours de tempête. Ayant retenu la leçon précédente, nous avions demandé à placer Piana en un lieu qui nous semblait correctement protégé du vent. Parés pour une confortable nuit, la véritable question qui demeure pour conclure cette soirée en beauté est la suivante : quel film va-t-on regarder avant d’aller se coucher?

Si vous avez eu le courage de lire cet article jusqu’ici, vous savez que ce récit sera de plus
en plus barbant à mesure que les choses continuerons de bien se dérouler. Vous devriez donc sentir arriver le moment que choisissent les grands marionnettistes du destin pour foutre la merde…

En recommençant, sans grande originalité, par rappeler en pleine nuit leur ami le CRS, celui qui balance le Piana comme il balance sa matraque sur la caboche d’un Gilet-jaune. Réveillés à de multiples reprises nous sortons sous les flamboyants lampadaires du quai, tantôt pour quérir pneus et autres objets pouvant adoucir les à-coups, tantôt pour resserrer les amarres. Mais quand les secousses ne suffisent plus à saboter notre sommeil c’est un concert de bruits aussi crispants qu’un débat télévisé, qui prend la relève. Crissement des pneus sur la coque, grincement des amarres sur les taquets, claquement des vagues s’ajoutent au tintamarre habituel de tous ce qui s’entrechoque dans la cabine sous l’effet du roulis.

Au matin force est de constater que l’on s’est planté. Loin d’avoir mis le Piana à l’abris (et face au vent comme nous le pensions), nous l’avons placé à l’endroit du bassin où la houle parvient à se former, gonflée par le vent (venant de travers). Abusés par une erreur d’orientation, nous pensions être protégé par le relief du cap. Mais le vent empruntant un autre chemin se jetait sur nous depuis un vaste couloir entièrement dégagé. Pour ne rien arrangé, l’un des porte-containers présent à notre arrivé, qui agissait comme pare-vent, avait depuis largué les amarres et quitté son emplacement.
Préoccupés par la situation, empirant à mesure que le vent forcissait, nous informons la capitainerie que nous devons déplacer le bateau de toute urgence. Il est d’abord question de le mouvoir à la main (les 9cv du moteur eurent été parfaitement inutiles par un tel vent) pour venir l’amarrer sur la barge de notre ami Rahmouni.

S’en suit une bonne heure d’attente, de coups de fils procéduriers: Il faut demander à Untel d’aller voir si Machin est dispo’ pour que Bidule vérifie si, etc…

Pendant ce temps-là, Piana sautillait comme un gosse excité qui s’apprête à faire une bêtise pour épater la galerie. Semblait-il faire du coude à son copain le vieux bateau pilote en lui disant « Hey dis? J’peux monter sur tes épaules? Allez quoi, rien que pour voir la tronche qu’ils vont tous faire? »

L’imperturbable pilotine n’ayant pas l’air de vouloir se laisser convaincre, le petit voilier jaune, inversant les rôles, essayait avec insistance de glisser sous la coque de son voisin. Éclatant au passage le revêtement de sa frêle coquille de plastique!

Prenant garde à ne pas y pincer nos doigts, nous essayons tant bien que mal de remettre en place pneus et pare-battages malmenés par l’infernal batifolage de notre embarcation. Il faut croire que la scène a donné impression suffisamment mauvaise aux yeux de l’agent de la capitainerie venu constater la situation car, affolé par l’imminence du désastre, ce dernier parti prestement alerter la cavalerie.

Il est 10h environ, la charge est sonnée.

Tout un régiment intervient en s’agitant autour d’un Piana en pleine crise d’euphorie. Dans la confusion la plus totale, on détache les amarres, les uns retiennent le bateau, les autres arrivent avec un petit remorqueur. Tout le monde crie des instructions en pagailles.

Voyant les manœuvres brutales et chaotiques du remorqueur, on manque de s’étrangler. Le voilà qui va écraser la coque du Piana comme une chips! Sueurs froides, Max gueule. On exhorte le pilote de pousser ses manettes avec prudence : bon sang c’est déjà assez compliqué comme ça avec la houle et le vent!

Vrombissement de moteur, voilà la barge qui démarre aussi! Au quart de tour.

En deux coups d’hélices elle pivote sur elle-même en vient se placer contre le vent. On ne peut qu’admirer la puissance insoupçonnée de cet engin qu’on croyait relégué à des manœuvres lentes en eaux calmes.

La houle atténuée par le barrage que nous accorde la barge, nous parvenons à attacher Piana au remorqueur, sautons à bord, et « Gazs ! ». Nous voilà enfin dégagés du piège infernal !

Tracté par le remorqueur nous sommes amenés dans le coin le moins exposé du bassin. Aidés par le personnel du port en rescousse, nous amarrons à nouveau le voilier et l’ensevelissons sous une pile de pneus (d’une utilité surtout psychologique à présent que les secousses ont cessées). Ouf!

Nous se somme pas passé loin de la casse (cela nous rappelle notre arrivée fracassante dans la baie de Gibraltar, une autre mésaventure impliquant forte houle, fort vent et remorquage catastrophe).

La houle secoue toujours le Piana mais ne vient plus claquer ses francs bords contre son point d’attache. Nouvelle tournée de poignées de mains. En plus tout le monde est là: chef de la capitainerie, police, ouvriers de l’ EPA, délégués syndicaux! On ne peut que témoigner notre gratitude à nos sauveurs car malgré l’anarchie de l’action qui vient de se dérouler, nous leur devons une fière chandelle. On s’abstiendra de demander ce qu’il coûte à la compagnie de mettre en route des engins comme la barge spécialement pour notre cause.

Car la générosité de nos hôtes n’est pas sur le point de s’arrêter là. Le repas suivant nous est apporté par Ouarhani et Toufik, qui tient un restaurant dont la spécialité est la paella. On sera resservi le soir! Puis le lendemain!

 

 

Piana pourra continuer de piailler à côtés des mastodontes flottants pendant une semaine, temps qu’il nous faudra patienter pour enfin remettre les voiles à la faveur de l’anticyclone.

Nous n’aurons pas eu le temps de nous ennuyer car nos hôtes nous tiennent régulièrement compagnie.

On fera la connaissance de cette petite communauté portuaire qui ne se fatiguera pas de témoigner quotidiennement sa joie d’accueillir les deux petits voyageurs français et leur coquille de noix jaune. Rahmouni reviendra même durant ses jours de repos pour le dîner avec nous, apportant avec lui, de délicieux mets que préparait son épouse avec amour. Soupe, Couscous, Salades, Paella, dattes à profusion et même poulet rôti!

Sans visa nous n’aurons rien vu de l’Algérie, mais nos rencontres n’en furent que plus belles. Et nous ont permis de plonger dans le quotidien d’une petite part de l’Algérie et d’en apercevoir tous le charme.

Comme vous allez vous en doutez, tout cela est très réjouissant certes, mais présage forcément d’une prochaine embrouille. Pourtant il ne s’en produira pas d’autres sur le sol Algériens*.

Je saluerai juste l’officier garde-côtes qui me déclencha une brève mais vive montée de stress au moment ultime où nous allions quitter Arzew:

«Je suis désolé, dit-il après avoir raccroché son téléphone, mais vous avez interdiction de quitter le territoire Algérien

-Mais…mais pour qu’elle raison?! Demandais-je non sans un une pointe d’angoisse qui dans la voix.

-Nan, je déconne. Allez bon voyage ! »

 

*Rassurez-vous, nous mettons régulièrement nos cerveaux tourmentés à l’œuvre pour imaginer comment nous mettre dans le pétrin afin d’en tirer un maximum d’anecdotes divertissantes.