C’est vrai qu’elles sont plaisantes,…
…toutes ces petites rencontres! Et elles méritent bien qu’on leur accorde un article spécial.
Au port, amarré à un ponton ou au mouillage devant une plage, être 6 sur un petit bateau jaune n’est pas exactement synonyme de discrétion.

La layette intime sèche sur les filières de Piana
Guirlandes de vêtements au séchage, vaisselle éparpillées sur le pont et matelas répandus sur le quai chauffant au soleil: le décors est planté.

Arrivée en fanfare dans la Cala San Pedro
Pour une interprétation en totale improvisation, réunissez l’équipage au complet selon la distribution des rôles qui suivent : du Capitaine Bougonnant reprisant ses trous de pantalon, de la Guitariste Effarouchée s’essayant à la rythmique flamenco, de la Télé-travailleuse Imperturbable tapotant placidement le clavier de son ordinateur portable, du Révolutionnaire Chansonnant jouant du djembé sur les flanc du cockpit, de la Photographe de Style accroupie cherchant le meilleur angle de vue sans perdre l’équilibre, sans oublier le Trompettiste Pendu à la bôme s’essoufflant péniblement à entonner quelques airs débutants … Et le show peux commencer !
Si vous avez la chance d’assister à « Mouillage par vent pétolant en mer houleuse », pièce favorite du public, ne partez pas avant le salut des artistes ! Vous manqueriez la scène finale du Débarquement Détrempé dans laquelle le canoé de nos héros se renverse dans les rouleaux des vagues et projette ses passagers, rincés de la tête au pieds, sur le rivage sous les applaudissements des spectateurs !

Vous l’aurez compris, on ne passe que difficilement inaperçu, devenant l’attraction locale l’espace d’un jour ou deux. Et comme on a de bonnes bouilles, inspirantes de sympathie, on a tôt fait d’attirer à nous le meilleur du badaud de passage. Très vite les questions fusent de ces derniers, curieux de connaître les raisons de notre venue, d’où nous arrivons, où nous allons, où nous dormons, ou encore comment nous faisons nos besoins en pleine mer(Nous ne manquons pas de donner de nombreux détails sur ces sujets là), etc… .
Parfois surpris, souvent amusés, les gens que nous croisons réagissent généralement avec enthousiasme. Notre voyage rappel parfois aux souvenirs d’aventures vécues qu’ils aiment à partager. Leur accorder une oreilles attentive est un bon moyen de recueillir les bonnes adresses, lieux d’intérêt et autres bons plans pour la suite de notre parcours.

Légende
Mais prenons garde aux bavards en manque de discussion. La technique la plus usitée pour s’en défaire consiste à solliciter un autre membre de l’équipage sur une question épineuse requérant son avis expert, puis se faufiler tel un crabe hors du champs de vision de l’énergumène en envoyant des clins d’œil appuyés à sa nouvelle victime afin de s’assurer son dépit maximum !
Mais ne généralisons pas. Ces échanges restes agréables pour la plupart. Bien que de courtes durées, ils sont aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les personnes que nous croisons. Des locaux aux camping-caristes européens venus profiter de la douceur de l’hiver Andalou, les rencontres sont diverses et variées.

Victor, backpacker venu tester la Petole houleuse sur Piana
Il y a eu les passants des marinas, les expatriés, les couples retraités en vacances, les backpackers, les marineros (gardien de port), les agents de la Guardia civil, les marins secouristes, les routards vivants dans leur camions, les voisins de ponton, les voisins de mouillage, les jeunes navigateurs et les vieux loups de mer… Et il y en aura d’autres encore.
Heureusement pour nous d’ailleurs,car certains de nos amis de passage furent de bon secours.

Alfonse en pleine préparation d’un cockail de café au rhum
Que ne serions nous pas si bien doté d’une belle installation électrique si nous n’avions reçu l’aide d’ Alfonse, que nous rencontrâmes à Oropesa del Mar avec sa famille et son superbe catamaran jaune. Entre autres souvenirs marquants que nous laissa ce personnage haut en couleur, nous aimons à nous rappeler comment il nous emmena, à toute vitesse dans sa C15 de compétition aux confins de la zone industrielle de Castellón!
Nous allions y débusquer le fournisseur du régulateur de charge solaire qui nous faisait défaut, celui par lequel nous pouvons recharger nos appareils électriques (et ainsi tenir ce blog).
Malgré tout, le pavillon français interpelle beaucoup les francophones. Confessons que notre pratique de l’espagnol n’est pas tellement sollicitée. Quand ils ne sont pas Français, Belges ou Suisses, ils sont souvent d’autres contrées européennes et conversent en Anglais.
Le voyage tel que nous le pratiquons n’est pas tout-à-fait indiqué pour rencontrer les habitants des contrées que nous traversons. Pour cela il faudrait que l’on accorde plus de temps à nos escales, que l’on s’insère dans les vies autochtones, qu’on les partage.
Mais ce serai rompre le mouvement qui caractérise notre voyage et qui nous place en marge de la société, dans une espèce de zone parallèle où se croisent les nomades.
Car se sont bien ces derniers que nous rencontrons le plus.
Inutile de pérorer de façon romanesque sur ce que la mer ne tendrait les bras qu’aux âmes aventurières, se serait oublier tous ce qu’on y trouve d’excursionniste pantouflard. La réalité est bien plus simple: entre voyageurs on se reconnais! Vous allez penser que c’est facile si il suffit de rechercher tous ceux qui ne parlent pas le patois local.
Mais il n’y a pas que ça, le voilier qui voyage se distingue des autres
par un je-ne-sait-quoi de plus vivant. Le désordre peut-être. Plutôt une douce pagaille qui éveille notre sympathie. Si l’on voit une ribambelle de duvet pendu aux mâts de deux voiliers amarrés au ponton du port de Cadix, on s’identifie tout de suite à leurs propriétaires parce qu’on fait la même chose pour chasser l’humidité de nos couchage. Et lorsque l’on croise l’un d’eux en pleine lessive de chaussette dans les lavabos du vestiaire, on sait que c’est un copain !
Vous allez encore pensez que c’est facile, effectivement ça l’est!
Même quand on essaye de se faire discret on ne peux jamais être à l’abri de se faire inviter à prendre l’apéro sur le bateau d’un autre.
La meilleure façon pour que cela se produise c’est de retomber par hasard sur un bateau qu’on à déjà croisé plusieurs jours auparavant dans un port ou mouillage différent.
À cet instant, une douce euphorie nous prend subitement : « Oh mais qu’elle joie de revoir ce sympathique acolyte dans les encablures de Gibraltar ! »
Et Paf ! Apéro.
Le vaste monde des marins semble bien avoir l’apanage de la convivialité. Et encore, si c’était le seul. Vous a-t-on déjà parlé de celui des parapentistes?

Lisa et Sam, des liberistes sur un voilier : double combo !
7 novembre 2019 at 10 h 11 min
le blog est top et vous écrivez super bien
bonne continuation en Algérie
Didier Bateau Imagine
8 novembre 2019 at 8 h 38 min
Merci Didier, on pars ce soir pour les îles habibas ! Il ya un poster concernant les drones à la douane de Saïdia il est noté qu’il faut les déclarer pour pouvoir s’en servir sinon il y à risque de confiscation bonne continuation, merci encore pour tes précieux conseils !
Maxime