Samedi 1 Août 2020

Mouillage éprouvant dans la Cala Murta, non-loin de Polença, où les matelots, désormais au nombre de quatre suite au retour de Maël, enchainent péniblement siestes et baignades sous la contrainte d’un soleil assommant mais pas autant que la ruée des « excursionnistes pantouflards » (terme très politiquement correct) qui colonisent les eaux aux abords des plages avec leurs « traine-couillon »* (terme pas très politiquement correct). Les joies du tourisme de masse…

Le Piana tôt le matin, peu avant la cohue

Pour revenir à Alcudia, le Capitaine décide de laisser les matelots ramener le navire pendant qu’il s’offre une petite randonnée. L’équipage traverse la pétole en s’amusant :

*Traine-couillon : Objet flottant de démonstration de richesse excessive disposant généralement d’un homme d’âge mûr aux manettes et de jeunes femmes à jambes longues bronzants sur la proue. À noté qu’un moteur de moins de 200 chevaux rend l’objet tout-à-fait obsolète.

Lundi 3 Août

Départ pour la traversée vers le continent, depuis une semaine que l’on surveille la météo un créneau se dégage finalement pour les jours prochains. Camille a choisi de rentrer au pays par le ferry, nous seront donc trois pour ramener Piana en Francie méridionale.

Nous dépassons le phare du cap de Formentor au couché du soleil, c’est parti pour deux jours et deux nuits de navigation!

Les frangins sont de quart, l’un surveille Geneviève le pilote automatique, l’autre vérifie la position gps.

« Petite » houle en mer: des flaques d’eaux se jettent sur Maël qui tient la barre, et le dingy s’invite sur la photo pour lui faire des oreilles de lap** DE GERBILLE !

Dimanche 9 Août

Nous voilà à nouveau sur le départ ! Après une traversée Alcudia-Blanes rondement menée, nous avons caboté jusqu’à Portlligat, le village de Salvador Dali, où nous attendons à l’abri d’une crique le prochain créneau météo avant de franchir le Cap tourmenté de Creus. Nous levons l’encre à 17h et saluons sans regret la peuplade de Jet-ski et autre tape-cul à moteur qui prennent un malin plaisir à créer de la houle sous notre étrave, direction Marseille !

Rapidement après avoir passer le cap nous voilà pris dans une épaisse purée de pois. On y voit plus à 50m, mais le vent tiens bon jusqu’au lendemain. Quelques éclaircies se font au matin mais une autre brume se lève et nous voilà à nouveau aveugle, cette fois-ci sans un pet d’air. Pour augmenter un peu le suspense un chalutier nous tourne autour plusieurs heures durant, on entend assez son moteur pour le deviner tout près mais impossible de le voir. On espère qu’il nous voit sur son radar !

On doit finalement changer de cap à force de constater que nos prévisions de vents sont fausses. On voit finalement les lumières de Port Camargue au loin en fin de soirée. Arrivée au ponton d’accueil juste au moment où le moteur décide de caler!

Blanes by night !

Le Capitaine se rafraichi dans le sillage

Le Dingy dans la brume. On y voit « goute » comme qui dirait

Mardi 11 Août

Et voilà, Le Piana est de retour en France après 2ans de parcours en méditerranée  !

Maxime exhibe fièrement sont « estufa » faite maison !

C’est l’heure du grand nettoyage, on récure tous de font en comble et on exhume les trouvailles accumulées au fil du voyage. Réparations du moteur (il est tout neûf!), préparation du voilier avant le changement d’équipage : le Piana poursuit l’aventure !

Bon voyage à toi Kiddo !